Faire face au terrorisme

Depuis bientôt deux ans qu’ont eu lieu les attentats de Charlie Hebdo, les attentats terroristes meurtriers ou déjoués ont trop de fois traversé l’actualité. Et ils ont donné aux intervenants sur les forums, mais aussi malheureusement à trop d’hommes politiques, l’occasion de multiplier les « yaka », sensés permettre de résoudre tous les problèmes, depuis la peine de mort pour les auteurs d’attentats (leur peur de cette sanction étant évidemment susceptible de les faire renoncer à leur projet d’attentat suicide!) jusqu’à l’interdiction du burkini, en passant par l’emprisonnement des « fichés S » ou la suppression de l’État de droit.

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L’actualité récente a illustré dans la prison d’Osny un point essentiel et très difficile à traiter, celui du traitement en prison des plus fanatisés. Mais elle est aussi marquée par un attentat déjoué grâce en partie à la vigilance citoyenne.

Que faire des individus incarcérés pour leurs liens plus ou moins étroits avec le djihadisme ? Faut-il les isoler pour qu’ils ne regroupent pas leur force et leur fanatisme ? Faut-il au contraire les regrouper pour qu’ils ne « contaminent » pas les autres ?

Le problème n’est pas nouveau dans le monde carcéral, dont on sait depuis plus de dix ans qu’il est un lieu de propagande islamiste. L’augmentation du nombre d’individus concernés a rendu la question plus aigüe. On imagine d’ailleurs ce qu’il en serait si on emprisonnait tous les « fichés S » ! Les 188 prisons du pays comptent au total près de 1 400 détenus considérés comme radicaux, a précisé M. Urvoas le 10 septembre 2016. . Parmi eux, 325, dont 80 % encore en attente de jugement, sont « incarcérés pour une incrimination terroriste ».

France info publie sur son site à ce sujet un entretien avec le président de l’Association française des victimes du terrorisme, Guillaume DENOIX de Saint Marc. Celui-ci a ainsi expliqué : En Europe, il y a deux types de politique au sujet des personnes radicalisées : soit on les regroupe, soit on les isole. En France, vu le nombre de personnes incarcérées dans des affaires liées au djihadisme, il est impossible de toutes les disperser. Les unités dédiées sont donc la seule solution pour apporter un suivi adapté à ces personnes, avec des professionnels formés pour travailler à la « dé radicalisation ».

Faut-il maintenir ce type de solution ?
On ne peut guère le dire aujourd’hui. On peut seulement affirmer que la question de la gestion des détenus est complexe et qu’une réponse du type « yaka » a toutes les chances d’être inadaptée ;
Mais par ailleurs je suis persuadée qu’on ne viendra à bout de ce terrorisme que si on cherche et qu’on expérimente pragmatiquement ce type de solution
.

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La tentative d’attentat à la bombonne de gaz a fait ressortir le rôle joué par un simple citoyen qui s’est étonné de la présence d’un véhicule aux warnings allumés et a prévenu la police.
On avait déjà vu le rôle joué pr de jeunes américains courageux lors de l’attaque du Thalys ou la tentative d’un motard pour arrêter le camion fou à Nice. Dans les trois cas, de simples citoyens ont fait ce qu’ils ont cru nécessaire de faire au moment d’être confrontés à un danger manifeste. Leur action n’a pas été celle de donneurs de leçons prêts à enfreindre une loi qu’ils n’approuvent pas (le dernier en date a prévenu la police !), mais de personnes qui se sont sentis solidaires de leurs concitoyens menacés et ont fait ce qu’ils pouvaient faire à leur niveau.

A condition bien sûr d’agir en cohérence avec l’action publique, ces citoyens ont montré à mon sens l’apport que peuvent avoir les citoyens.

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