Sécurité

Un état des lieux sur la délinquance, la criminalité et la sécurité se heurte à la difficulté de la mesure : le nombre d’excès de vitesse enregistrés dépend plus du nombre de radars que du comportement des conducteurs, le nombre de plaintes de viol dépend de la proportion des victimes à porter ou non plainte (on estime que moins de 10% des viols font l’objet d’une plainte). Et le reste à l’avenant.

Une première piste consiste alors à procéder à ce qu’on appelle des enquêtes de victimation. Ces enquêtes montrent par exemple sur 30 ans une relative stabilité des agressions sérieuses et une explosion des plaintes (donc des statistiques policières).

Une deuxième piste consiste à regarder les homicides volontaires car c’est le crime qui est le mieux mesuré sur la durée par les statistiques de la police et de la gendarmerie. Ces statistiques montrent une hausse dans les années 60/70 et une décrue à partir des années 80 (décrue qui coïncide avec l’abolition de la peine de mort) dans de fortes proportions : en 30 ans, les homicides volontaires ont diminué de plus de 60%.

Le sentiment d’insécurité croissante ne correspond donc pas forcément à la réalité mais au reflet qu’en donnent les médias. Il montre plus certainement une demande de sécurité croissante : les citoyens veulent vivre paisiblement, n’est-ce pas légitime ?

Comment faire pour obtenir dans le domaine de la criminalité et de la délinquance des améliorations semblables à ce qu’on a pu obtenir dans le domaine des accidents de la route (les morts et blessés ont été divisés par 5 en 40 ans) ? Peut-être peut-on s’interroger sur la manière dont on a obtenu des résultats sur la route. Mais on ne peut partir de l’idée d’une explosion de la criminalité, puisque cette idée est fausse.

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