Compte rendu de réunion sur l’économie, tenue le 07 04 2016

Six personnes autour de la table pour réfléchir sur l’économie et la situation de notre pays sur le sujet
La réunion a commencé sur quelques préalables du fonctionnement économique à partager.

Le premier avait pour but de se prémunir de l’analyse simpliste mais assez réflexe, qui consiste à croire que les résultats d’un événement ou d’une mesure légale se limitent à ses effets immédiats. L’exemple choisi, celui d’un changement important du prix du pétrole, montre que cet évènements va susciter chez de très nombreux et différents acteurs des décisions qui a terme vont provoquer vont aller dans le sens inverse du changement initial, sans qu’il soit facile de prédire quand ni sous quelle forme. Quand on observe l’économie, il est très important de comprendre les dynamiques en cours.

Le second préalable concerne la grande dépression suite à la crise de 1929 aux USA, événement qui a conduit à un profond renouvellement des théories et pratiques économiques :
• de l’influence de la faiblesse de la demande sont née les analyses keynésiennes, puis les accords de Bretton Woods, le plan Marshall et les pratiques de relance budgétaires. L’utilisation de ces mesures même quand elles n’étaient pas justifiées ont conduit à la fin de la convertibilité du dollar puis aux phénomènes de stagflation. Les pratiques keynésiennes ne sont plus considérées comme le cœur du système, mais elles restent encore valables quand le contexte s’y prête
• de la partie proprement bancaire de la crise et des problèmes de liquidité sont nées les théories monétaristes, largement utilisées depuis le début des années 80. Là aussi, on dispose de mesures très efficaces pour certains contextes particuliers, mais celles-ci peuvent conduire à la production de bulles financières si on en abuse (et on en abuse !)
• de la chute vertigineuse des échanges internationaux (divisés par 3 entre 1929 et 1933 !) sont nés les accords du Gatt puis de l’OMC. Entre 1950 et 2010, le volume des exportations mondiales a été multiplié par 33 quand le PIB réel mondial augmentait d’un facteur 8,6.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale le développement économique a été vertigineux, avec les pays qui ont connu le rattrapage des USA (Europe Japon) ou un décollement économique (en Asir principalement). Depuis un millénaire, le doublement du PIB s’est fait de plus en plus vite,
• d’abord en 500 ans (de l’an 1000 à l’an 1500), puis en
• 200 ans (1500 à 1700)
• 120 ans (de 1700 à 1820)
• 50 ans (de 1820 à 1870)
• 40 ans (de 1870 à 1913)
• 40 ans (de 1913 à 1950)
• 20 ans (de 1970 à 1990)
Enfin, dernier préalable, les conséquences de la création de la zone euro : les pays adhérents ont vu leurs taux baisser (en France, le taux à 10 ans était à plus de 8 % au début des années 1990 et il est passé aujourd’hui à un peu plus de 1%) mais ils ne peuvent plus dévaluer ou dévaluer vis-à-vis du reste de la zone

Après ces préalables, 8 éléments de diagnostic ont été présentés :
Une dépense publique élevée
Une dépense publique non maîtrisée
• Des inégalités stables sur 40 ans
Un développement territorial inégal
Une perte de parts de marché
La pratique de politiques pro-cycliques
Une baisse tendancielle du taux de croissance
Un interventionnisme de l’État inspiré à la fois de Colbert et de Lénine

Les participants ont été invités à voter sur l’importance qu’ils donnent à tel élément par rapport aux autres. Chacun bénéficiait de 6 gommettes vertes et pouvait les mettre où il voulait (mais pas plus de 3 gommettes par sujet). Ils disposaient aussi de gommettes pour signaler des propositions qui ne les convainquant pas. Ils ne les ont pas utilisées (« de toutes manières c’est factuel »).

Le premier résultat est qu’il n’y a pas eu de gommettes sur le premier point et que c’est le deuxième qui a eu le plus de gommettes. Le groupe a donc collectivement estimé que le fait d’avoir une dépense publique importante n’était pas un problème en soi mais que de ne pas la maitriser était grave

Les résultats détaillés (en nombre de gommettes) sont les suivants :

• Une dépense publique non maîtrisée 7
• Une perte de parts de marché 6
• La pratique de politiques pro-cycliques 5
• Un interventionnisme de l’État inspiré à la fois de Colbert et de Lénine 5
• Un développement territorial inégal 4
• Une baisse tendancielle du taux de croissance 2
• Des inégalités stables sur 40 ans 2
• Une dépense publique élevée 0

Plusieurs participants ont estimé qu’il manquait un élément concernant les conséquences de la révolution des télécommunications ; un article sur ce sujet sera ajouté prochainement sur le site
Des suggestions ont également été faites pour améliorer la présentation

Une nouvelle réunion sur ce thème aura lieu en mai ou juin