Compte rendu de réunion sur la sécurité, tenue le 29 01 2016

5 participants se sont pliés de bonne grâce et pendant deux heures à la méthode de réflexion en quatre temps proposée :
• Un premier temps pour regarder rapidement ce que nous disent les statistiques générales sur le sujet
• Un deuxième temps pour examiner comment la France a réalisé de grands progrès sur un sujet assez proche, celui des victimes de la route (nombre de blessés et de morts divisé par cinq en 40 ans)
• Un troisième temps pour produire des idées autour de la question « comment agir pour améliorer la sécurité »
• Et enfin un quatrième temps pour une première évaluation des idées émises

Premier temps : comme on peut le voir dans le document sur la sécurité déjà présent sur ce site, les statistiques du ministère de la police ne nous donnent qu’une vue partielle de la réalité, et représentent d’abord l’action de la gendarmerie et de la police. Spontanément, personne n’imagine que les homicides volontaires puissent avoir baissé de 60 % depuis l’abolition de la peine de mort il y a plus de trente ans, ce qui pour le groupe, est révélateur de l’impact des médias sur ce que nous pensons et croyons.
La comparaison de ce que montrent les études de victimation et des chiffres officiels de crimes et délits peut être interprétée comme un renforcement de la demande de sécurité. La manière dont pouvaient être regardé il y a 40 ou 50 ans ce qui est aujourd’hui considéré comme un crime grave (par exemple dans le domaine sexuel) est assez révélateur d’une évolution de la société.
Conclusion ? Oui pour vouloir améliorer la sécurité des français, non pour partir de l’hypothèse que l’insécurité explose !

Deuxième temps : analyse de la manière dont on a pu réduire fortement le nombre de victimes de la route
Le groupe a listé rapidement les mesures prises que l’on peut regrouper en trois sous-ensembles
• Les actions sur la structure du réseau routier : suppression des platanes, développement de l’éclairage, suppression des points noirs, aménagements des routes à 3 voies, bandes sur l’autoroute, carrefours giratoires, ralentisseurs en villes, …
• Les actions sur la sécurité des voitures : ceintures de sécurité, air bag, contrôle technique, véhicules plus fiables…
• Les actions sur le comportement des automobilistes : communication sur la sécurité routière, cours au collège, obligation du port du casque pour les deux roues, radars, permis à points, limitation de vitesse et de l’alcoolémie …
Il apparait que la réussite est liée au fait d’avoir agi sur toutes les causes, les deux premiers sous-ensembles d’actions (sur les infrastructures et les véhicules) participant à la légitimité des actions sur les comportements. Elle a aussi été le résultat d’une forte continuité dans l’action sur plusieurs décennies.
Le cas du permis à point aurait mérité une analyse particulière mais celle-ci n’a pas été faite, faute de temps.

Troisième temps : chacun a préparé des post-it de réponse à la question « sur quoi peut-on agir ? ». Les idées ont ensuite été partagées et éventuellement discutées, la règle étant que la discussion ne pouvait comprendre aucun jugement ou évaluation (réservé au temps 4) mais ne pouvait que viser à comprendre ou faire préciser les choses. Il a été fait autant que possible dans la discussion un regroupement des idées portant sur le même sujet.

Dans la foulée de ce qui avait été observé concernant les accidents de la route, chacun a proposé spontanément (avec son tropisme personnel) des mesures de répression et des mesures de prévention, le groupe s’accordant sur le fait que la loi doit être appliquée.
Plusieurs propositions ont conduit à des discussions. Par exemple :
• La proposition de supprimer les sursis, vécus comme une mesure laxiste (au moins dans certains exemples cités) a été confrontée au fait que cette mesure très ancienne (en fait elle date d’une loi dite Bérenger du 25 mars 1891 !) a eu un effet positif sur les taux de récidives
• La proposition de ne pas accepter de sortie de prison anticipée, en particulier pour les récidivistes a été confrontée à l’importance de cette « carotte »(le détenu ne bénéficie de réduction de peines qu’en fonction de son comportement) pour conserver le calme dans les prisons : sa suppression rendrait probablement invivable le travail des gardiens de prison déjà pas facile !
• Le fait de faire travailler les détenus a été d’abord évoqué comme une punition puis le groupe a évoqué le fait que la possibilité pour un détenu de travailler en prison est un moyen d’éviter un désœuvrement destructeur et de préparer sa réinsertion

Des participants ont insisté sur l’importance de disposer d’une diversité de sanctions possibles (amendes, travaux d’intérêt général, liberté conditionnelle, bracelet électronique, prison) pour les adapter aux situations particulières (les mêmes ont insisté sur l’individualisation des peines et sur le rôle du juge).

D’autres remarques ont porté sur la stabilité nécessaire de l’arsenal juridique et le manque de moyens de la justice conduisant par exemple à une trop grande lenteur de la justice peu propice à sa compréhension, notamment par les plus jeunes.
Les questions de réinsertion et des moyens de la réussir, les questions d’éducation ont été également évoquées, mais avec la limite de la faible connaissance des participants sur le sujet.

Le quatrième temps était celui de l’évaluation : ce type d’action donne-t-il des résultats (efficacité), les actions sont-elles difficiles ou chères à réaliser et sont-elles conformes aux valeurs démocratiques de notre pays ?
Il a été vite constaté que l’évaluation était difficile à faire et qu’elle demandait des informations dont le groupe ne disposait pas. Par ailleurs, il était temps de se séparer. Mais il apparait que ce travail d’évaluation est indispensable : peut-être un autre groupe pourrait-il aller plus loin ?

Speak Your Mind

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>