Militants et responsables politiques délinquants

En ce lundi 8 février, la presse braque ses projecteurs sur les démêlés judiciaires de Jérôme Cahuzac et de Jean François Copé.

Le procès du premier pour fraude fiscale s’ouvre en effet ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. L’ancien ministre du budget qui voulait renforcer la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale est poursuivi pour fraude fiscale et blanchiment à propos de sommes dissimulées, pour un montant de 625 000 euros pour l’ancien ministre et 2.5 millions pour son ex épouse.

Le second Jean-François Copé a été entendu pendant six heures, lundi 8 février, en tant que témoin assisté par un juge financier à Paris dans l’enquête sur les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. L’enquête se focalise sur les 18 millions de dépenses facturés à l’UMP par l’agence Bygmalion, mais qui ont probablement servis pour leur plus grande part à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, ce qui signifierait que le montant maximum de 2.5 millions pour les comptes de campagne aurait été très fortement dépassé. DToujours d’après la presse, l’enquête se rapproche toujours de celui qui était au moins le bénéficiaire de l’opération, Nicolas Sarkozy.

Dégoutés par le comportement des partis dits de gouvernement, certains font confiance à l’extrême droite, celle qui se récrie contre la corruption et l’insécurité. Justement, les plus acharnés de cette tendance extrême ont manifesté ce week-end à Calais contre la montée de l’islam en Europe, à l’appel de Pégida et malgré l’interdiction de la manifestation, Plusieurs manifestants étaient présentés ce lundi au tribunal en comparution immédiate, pour port d’armes.

Deux prévenus ont été condamnées à de la prison ferme, mais sans mandat d’arrêt. L’un des deux, un homme de 41 ans, arrêté en possession de deux bombes lacrymogènes, avait déjà été condamné à 25 ans de réclusion pour meurtre et était sorti en 2008 de prison.

Si l’extrême gauche faisait aussi l’actualité judiciaire de ce 8 février, ce n’était pas en France(la comparution des casseurs de rennes n’avait pas encore eu lieu) mais à Madrid. Une compagnie, composée de personnes liées au mouvement Podemos, avait monté un spectacle pour dénoncer « la chasse aux sorcières » dont les groupes d’anarchistes se disent victimes. On pouvait y assister au viol d’une sorcière par le propriétaire de son logement, au meurtre du propriétaire ainsi que de la religieuse venue prendre l’enfant né de cette relation forcée, à la manipulation d’un policier qui frappe la sorcière et place entre ses mains, alors qu’elle est inconsciente, une pancarte signifiant « Vive Al-Qaida-ETA » et à la pendaison du juge qui l’avait condamnée à mort.
Ce spectacle éminemment politique avait été offert gratuitement par al nouvelle muunicpalité de Madrid, sous la houlette de la conseillère municipale chargée de la culture, liée à un mouvement de squatteurs
Il faut préciser pour comprendre l’indignation soulevée par ce spectacle, qu’il s’agissait d’un spectacle de marionnettes qui s’adressait à des enfants de 1 à 6 ans. Deux marionnettistes, dont on peut se demander s’ils se rendent compte de ce que sont des enfants de 1 à 6 ans, ont été incarcérés.
Cette actualité, qui tapait tout azimut dans les milieux politiques les plus divers, illustre à quel point se trompent ceux qui divisent le monde entre bons citoyens forcément irréprochables et délinquants, forcément irrécupérables, qu’il faudrait enfermer en prison le plus longtemps possible. Comme se trompent ceux qui croient qu’il suffit de remplacer les représentants de partis jugés corrompus par ceux aux mains (encore) propres de nouveaux partis pour que tout aille mieux.

Les hommes parfaits n’existent pas, tous ont leurs défauts, petits ou grands mais aussi leurs qualités. La question du politique et des institutions est donc celle de la mise en place de système qui favorise ou non telle ou telle dérive : par exemple l’enchevêtrement des responsabilités des différents niveaux administratifs favorise le cumul des mandats. Autre exemple, le sursis est un bon moyen de combattre la récidive. Et pour revenir aux premiers exemples cités, si les affaires Bygmalion et Cahuzac font la une, c’est parce que la France est un État de droit, avec des lois et des juges qui poursuivent les contrevenants et qu’il ya une presse libre.

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