Formation initiale et chômage

Ce sont les moins qualifiés qui payent le plus fort tribut au chômage. Ce n’est pas nouveau mais l’augmentation du niveau de formation moyen affecte l’évolution des résultats, selon qu’on les regarde en nombre ou en taux. Ci-dessous les années sont choisies à des moments maximum de la courbe pour 1987 et 1997, avec les derniers résultats publiés en janvier 2016 par l’INSEE pour 2014.

En 1987, les diplômés du supérieur (diplôme supérieur et bac +2), avec 151 milliers, ne représentent qu’une très faible part des chômeurs (7%), parce que leur taux de chômage est environ deux fois plus faible que la moyenne, mais aussi parce qu’ils ne sont pas nombreux au sein de la population active. Les non diplômés représentent la moitié des chômeurs (50,5%), parce qu’ils ont un taux de chômage un peu plus élevé que la moyenne, mais aussi parce qu’ils représentent une part importante de la population active : jusqu’au milieu des années 60, les deux tiers d’une classe d’âge sort sans diplôme de la formation initiale.

chomeurs en 1987

Plus d’un quart de siècle après, la population active possède un niveau de formation initiale nettement plus élevé, avec de nombreuses classes d’âge dont plus de 60 % détient le baccalauréat. Des cohortes nombreuses ont suivi des études supérieures, avec plus ou moins de succès, et dans des filières ayant plus ou moins de débouchés.

En 2014, les diplômés du supérieur (diplôme supérieur et bac +2), avec 655 milliers, représentent cette fois une part plus importante des chômeurs (23%), bien que leur taux de chômage reste encore plus faible que la moyenne (l’écart n’a pratiquement pas bougé pour les titulaires d’un diplôme supérieur mais il a diminué pour les bac+2). Les non diplômés ne représentent plus qu’un petit quart des chômeurs (22%) et un volume un peu inférieur à celui des diplômés du supérieur, mais leur taux de chômage a nettement augmenté (de près de 6% contre 1.2% pour l’ensemble). Ceux qui ont juste le brevet des collèges voient leur taux de chômage presque doubler. Les titulaires d’un CAP ou d’un BEP continuent à représenter un peu plus d’un quart des chômeurs.

Chomeurs en milliers 2014

Le chômage est, on le sait, particulièrement élevé chez les plus jeunes. Mais la statistique portant sur la tranche d’âge 15/24 ans, les plus diplômés, qui n’arrivent sur le marché du travail qu’assez tard, y sont mécaniquement sous représentés.

jeunes chomeurs 2014

Les moins qualifiés ne représentent qu’une part, certes importante, mais non majoritaire de ces jeunes chômeurs. Cependant, ceux qui n’ont pas le baccalauréat représentent plus de la moitié de ces jeunes chômeurs, alors qu’on approche des 80% de bacheliers.
C’est donc le taux de chômage des jeunes qu’il faut regarder. Et le résultat est vraiment désastreux pour les moins qualifiés, dont le taux de chômage, déjà élevé en 1982 (plus de 20%), dépasse aujourd’hui les 40 %.

Chômage jeunes et diplôme

Taux de chômage parmi les 15/24 ans
Un premier regard sur ce graphique montre deux courbes qui se distinguent du lot :
• Celle de ceux qui n’ont aucun diplôme, nettement au-dessus des autres
• Celle des bac+2, généralement en dessous des autres, mais pas toujours
On note aussi qu’alors que les courbes s’entremêlent avant 2000, elles commencent ensuite à se séparer durablement, la séparation semblant définitive à partir de 2007 sauf pour les diplômés du supérieur. Et le résultat final est une sélection nette par le niveau de diplôme.

Deux questions (liées entre elles) ne sont pas évoquées ici : celle des filières (les taux de chômage dans la santé ne sont pas ceux de la communication par exemple) et celle du genre (le taux de chômage féminin, longtemps supérieur à celui des hommes, est maintenant plus faible que ce dernier)

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