Politiques contra cycliques

Keynes
Il faut revenir à Keynes bien sûr : celui-ci explique qu’en période de dépression économique l’Etat doit accroitre ses dépenses (quitte à payer des chômeurs à creuser puis reboucher des trous). Cette augmentation aura un effet d’entrainement (le multiplicateur keynésien) parce qu’il permettra d’utiliser des capacités de production sous utilisées en raison de la récession économique.
Les années 70 ont montré une des limites de l’exercice : s’il est pratiqué en période de croissance, quand les capacités de production sont bien utilisées, il ne provoque pas de croissance supplémentaire mais de l’inflation. Les partisans actuels d’une relance budgétaire soulignent que le risque inflationniste n’est pas le problème aujourd’hui où c’est plutôt la déflation qui est crainte.
Vache maigre
Pour reprendre une image très ancienne, l’idée est qu’en période de vaches maigres pour les ménages et les entreprises, l’Etat doit dépenser plus, en puisant dans ses réserves s’il en a, ou en s’endettant s’il n’en a pas.

Une telle politique a un défaut potentiel : une série trop importante de déficits successifs conduit à grossir la dette au point que l’Etat finit par devoir emprunter à des taux très important : c’est la mésaventure connue par plusieurs pays du sud de l’Europe au moment de la crise de l’Europe.

La solution à cette difficulté potentielle est connue : l’État doit dépenser en période de récession mais il doit aussi profiter des périodes de forte croissance (quand la croissance est supérieure à sa moyenne de long terme) pour se désendetter ou pour accumuler des réserves. Une telle politique contra cyclique réduit la croissance un niveau supportable (c’est-à-dire en évitant de multiplier les goulots d’étranglements dans les capacités de production) et donc permet de prolonger la période de croissance.
Vache grasse
On peut le dire autrement : en période de vaches grasses pour les acteurs privés (les entreprises et les ménages), ceux-ci ont tendance à augmenter leurs dépenses et à réduire leur taux d’épargne : les acteurs publics (essentiellement l’Etat mais aussi les organismes de sécurité sociale) doivent compenser cette attitude en faisant le contraire, c’est-à-dire en ne dépensant pas toutes les ressources supplémentaires que leur apportent la croissance.

Et de même, en période de vaches maigres pour les ménages et les entreprises, quand l’épargne de précaution augmente, que les investissements diminuent (car il y a des capacités de production inutilisées), l’Etat doit compenser ces facteurs récessifs par une augmentation de ces dépenses.

Les critères de convergences institués par le traité de Maastricht (dette limitée à 60 % du PIB, déficit limitée à 3 % du PIB sauf récession sévère) sont tout à fait compatibles avec une politique contra cyclique, du moins pour les pays qui n’ont pas laissé filer les déficits depuis des lustres, même en période de forte croissance.

A suivre

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