Mettre en œuvre des politiques contra cycliques

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Une question essentielle pour un nouvel élu (sauf exception…exceptionnelle !) est de préparer sa réélection ! Mettre en œuvre une politique de relance budgétaire est pour cet objectif plus attractif que de faire une politique qui sera qualifiée d’austérité (Alain Juppé utilise d’ailleurs cet argument en montrant que ne comptant pas se représenter après un éventuel mandat présidentielle, il ne sera pas tenté d’acheter sa réélection alors que la France doit réduire ses déficits).

Si on est convaincu qu’il faut mener des politiques contra cycliques de relance ou de création de réserves, la relance budgétaire doit être pensée comme étant réversible : embaucher des centaines de milliers de fonctionnaires supplémentaires ne correspond pas vraiment à ce critère !
Vache maigre
Une solution alternative consiste à investir, par exemple dans des grands travaux d’infrastructure (par exemple la construction de TGV). Le problème est qu’entre la décision de lancer des travaux et le moment où se fait le plus gros des dépenses, il se passe beaucoup de temps, plus souvent plus de 5 ans que moins : par exemple l’idée des infrastructures de transport du Grand Paris a été lancée vers 2008, et les travaux de creusement commencent à peine aujourd’hui !

Le plus simple est de jouer sur les transferts financiers du type impôts ou dépenses de redistribution (allocation de rentrée scolaire, allocation logement ou allocation chômage).

L’exemple des allocations chômage montre toutes les difficultés de l’exercice.
Elles font partie de ce qu’on a coutume d’appeler les amortisseurs automatiques : le nombre de bénéficiaires augmente en effet automatiquement en période de récession et diminue en période de croissance, ce qui fait augmenter et diminuer les dépenses selon les cas.
Pôle Emploi
Mais il serait logique d’aller plus loin que cet effet automatique, en modifiant aussi les règles d’attribution : en période de récession, il est plus difficile de trouver du travail. Il est donc logique d’augmenter les durées d’indemnisation ou de dépenser plus pour de la formation des chômeurs, et on pourrait même justifier une augmentation des montants d’indemnisation.

A contrario, en période de forte croissance, il est plus facile de trouver du travail, et il peut même être utile d’inciter les chômeurs à travailler par une diminution des allocations, pour diminuer les tensions sur le marché du travail (tensions qui sont synonymes de goulots d’étranglements et sont donc néfastes à la poursuite de la croissance)

Le fait est que ce n’est pas ce que font les décideurs du système (patronat et organisations syndicales). Quand tout va bien, les gestionnaires veulent baisser les cotisations ou augmenter les prestations. Et quand tout va mal, comme les caisses sont vides en raison des décisions précédentes, il faut bien se résoudre à durcir les règles, que l’on va assouplir lors de la prochaine période de croissance : exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire.

On l’aura compris : dès que l’on regarde à moyen long terme, il s’avère qu’une politique d’épargne et de réduction des déficits en période de croissance forte est absolument indispensable pour pouvoir faire une politique de relance en période de récession.

Les politiques d’austérité de ces dernières années sont directement la conséquence de l’absence de politiques de mise en réserve lors des précédentes périodes de croissance : c’est ce que l’on verra plus en détail lors d’un prochain article.

A suivre