Les pratiques européennes

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Drapeau sur carte d'Europe

Avec la création de l’euro, c’est au niveau de l’ensemble de la zone euro qu’il faut d’abord regarder la mise en œuvre (ou non) de politiques contra cycliques.
Le dossier sur l’Europe publié par France Stratégie dans le cadre du débat 2017/ 2027 montre clairement qu’à ce niveau, les politiques n’ont pas toujours été adaptées (rappelons qu’il ne s’agit pas de la politique par Bruxelles ou l’Union Européenne, mais la somme des politiques menées dans chaque nation).

Politiques budgétaires zone euro

Le tableau est organisé selon un axe vertical et un axe horizontal.
L’axe vertical mesure la partie structurelle de l’évolution budgétaire. Plus on est en bas, plus on fait de relance budgétaire, plus on est en haut, plus on fait de politique d’austérité. (La valeur utilisée tient compte des effets de la conjoncture économique sur le budget. Si le déficit diminue de 1% du PIB mais que la croissance produit automatiquement une réduction de 2% du déficit, il y a détérioration structurelle. A contrario, si la dépression conduit mécaniquement à une augmentation de 3% du déficit et que celui-ci ne baisse que de 2%, il y a diminution du déficit structurel donc politique d’austérité).
L’axe horizontal montre la situation économique : à droite, on est en croissance supérieure à la moyenne sur longue période et à gauche en récession ou en croissance faible. Les années 2000 et 2007 sont des années de forte croissance alors que les années 2009 et 2013 sont des années de forte récession.
Les politiques contra cycliques se situent normalement dans le quadrant en haut à droite ou dans le quadrant en bas à gauche. Il ne devrait pas y avoir de points dans les deux autres quadrants.
Dans le quadrant en bas à droite figurent deux années 2001 et 2008, années pendant lesquelles n’ont pas été faites les réductions de déficit ou les accumulations de réserves qui auraient dû être faites, et ce de manière très importante, en particulier en 2001. On objectera qu’il s’agit de deux années de crise, mais ces crises se sont déclenchées en fin d’année : il faudrait avoir un indicateur plus fin pour tirer des enseignements sûrs.
En haut à gauche on a des politiques d’austérité en période de récession, de 2011 à 2015, politiques qui ont fait l’objet de critiques sévères. Elles s’expliquent (sans pour autant se justifier) d’une part la différence de situations au sein de l’Union, d’autre part par le niveau des dettes de certains pays, niveau qui est la conséquence des efforts très insuffisants faits en période de croissance forte.
Les politiques d’austérité, importantes de 2011 à 2013, se sont beaucoup atténuées en 2014 et 2015. Si l’on examine le côté droit du tableau, on ne peut observer que les efforts de consolidation ont existé mais ont été insuffisants en 2001mais surtout en 2006 et 2007.

Une première conclusion confirme le contenu de l’article précédent : faire une politique contra cyclique en période de vaches grasses est indispensable pour pouvoir en faire en période de vaches maigres. .
Vache maigre
La décennie qui suit la création de l’euro est marquée par les politiques économiques divergentes au sein de la zone et des évolutions salariales très contrastées, le tout débouchant sur la crise de l’euro.
Beaucoup de commentateurs en ont déduit qu’une plus grande coordination des politiques économiques était indispensable. Le tableau ci-dessus ne peut que confirmer cette deuxième conclusion.

Il y a cependant une grande ambiguïté dans ces déclarations politiques en France : trop souvent l’idée avancer est de demander à l’assemble des pays de la zone euro de mettre en œuvre les politiques jugées utiles par les responsables français (il s’agit très souvent de modifier les critères de Maastricht pour les rendre plus accommodants sur le déficit, en gros de permettre à la France de ne pas tenir ses engagements).
Coordonner les politiques économiques nationales , c’est établir des compromis entre des pays qyui vont chacun faire un pas pour obtenir des résultats généralement bénéfiques à l’ensemble, au lieu de mettre en œuvre des politiques non coopératives, comme cela a trop longtemps le cas, voire des politiques dites de « passager clandestin » (par exemple des pratique de baisse drastiques des impôts sur les sociétés.
Et bien sûr, il s’agit ensuite de ne pas faire croire aux électeurs que les compromis négociés sont des décisions de Bruxelles, comme le font très souvent nos responsables.

A suivre

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