Alstom et Schumpeter

La réunion du comité directeur d’Alstom programmée ce lundi 26 septembre et le sort de l’usine ferroviaire de Belfort vont probablement monopoliser l’actualité sociale et économique pendant quelques jours.

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Une fois de plus, il est demandé aux politiques d’agir pour sauver le site et l’on entend de nouveau la musique de ceux pour qui il est prioritaire de produire français.
Les principales causes de la menace pour le site sont d’une part que l’essentiel du chiffre d’affaires de l’entreprise se fait à l’étranger, d’autre part qu’elle n’a pas besoin de 12 sites en France pour produire. Comme dans de très nombreux secteurs, la logique est à la diminution du nombre de sites pour faire des économies d’échelle.

Une fois de plus, on revoit se jouer le scénario de la priorité donnée au maintien des emplois existants et à la focalisation sur des situations emblématiques quand près de 500 000 personnes entrent à Pôle Emploi chaque mois et qu’autant en sortent.

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L’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883 / 1950) a théorisé depuis maintenant longtemps l’idée de destruction créatrice décrite par Wikipédia comme « le processus continuellement à l’œuvre dans les économies et qui voit se produire de façon simultanée la disparition de secteurs d’activité économique conjointement à la création de nouvelles activités économiques ».

La conséquence de cette observation est qu’il est plus important de favoriser la création des emplois (en particulier par l’innovation) que d’empêcher la destruction des emplois. Il faut ajouter qu’il est important d’accompagner le passage des salariés d’un secteur en décroissance vers un secteur en croissance.
Les salariés de Continental qui ont occupé les médias pour défendre (en vain) leur usine en ont ensuite payé très largement les conséquences quand ceux de Kléber à Toul ont au contraire bénéficié d’un accompagnement très efficace.

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Vouloir défendre les emplois existants n’est pas nouveau : un professeur d’économie expliquait déjà dans ma jeunesse qu’au XIXème siècle la France avait subventionné pendant des décennies une marine à voile menacée par la vapeur. Et pendant des décennies, le pays a subventionné les charbonnages de France alors que la perte était supérieure à la masse salariale.

Pour en revenir au as particulier d’Alstom, d’aucuns pourront s’étonner qu’une entreprise qui gagne de l’argent puisse procéder à des licenciements. L’idée semble être qu’il vaut mieux dépenser son argent pour payer des salariés dont on n’a pas besoin, quitte à finir par faire faillite, plutôt que de développer l’entreprise.

En tous les faits sont sans appel : les moyens accordés pour accompagner les salariés licenciés sont bien plus importants quand l’entreprise gagne de l’argent que quand elle en perd…

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