L’homme s’est-il auto-domestiqué ?

Cette question est posée très sérieusement dans un article du numéro de janvier de « Pour la science ». S’appuyant sur les études les plus récentes, l’auteur montre que la sélection des animaux domestiques parmi les canidés s’est faite d’abord sur un critère de docilité mais que cette sélection en a entrainé toute une série d’autres (museau raccourci, dents de taille réduite, oreilles tombantes etc.). Les chercheurs ont trouvé les gènes responsables de ces modifications, que l’on trouve chez les animaux domestiqués mais pas chez leurs ancêtres sauvages
Or il s’avère qu’ils sont également présents chez l’homme actuel mais pas chez l’homme de Néanderthal ou chez celui de Denisova. Il semble que la transformation se soit faite en deux étapes, d’abord au Paléolithique puis au Néolithique.
Autre lecture récente, celle d’un article de la revue Sciences Humaines dans son numéro de décembre, consacré à un entretien avec Steven Pinker, article dont le titre résume la thèse : l’inexorable déclin de la violence.
Le rapprochement de ces deux lectures me conforte dans mon rejet assez ancien des idées de Rousseau (l’homme est bon par nature, c’est la société qui le corrompt) ou de Marx (la violence n’existe pas dans les sociétés de chasseurs cueilleurs qui sont égalitaires, c’est la propriété privée des biens de production qui l’engendre) sur la question de la violence. Il est curieux de voir des théoriciens marxistes s’accrocher à des postulats purement idéologiques pour rejeter les constats des archéologues dont de nombreuses découvertes ont montré comment la violence était largement répandue avant le Néolithique.
Je profite de cet article pour recommander un livre de Bernard Chapais, un primatologue canadien, intitulé « aux origines de la société humaine ». A rebours des thèses de Claude Lévi-Strauss, il montre comment les rapports de parenté dans l’espèce humaine dérivent de ceux de ses ancêtres primates.