Écouter la Banque de France

A l’occasion de sa traditionnelle lettre annuelle au Président de la République, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la banque de France a accordé un entretien au Monde, qui l’a fait paraitre le 6 juillet.
Beaucoup de commentateurs ironisent sur les propos du gouverneur. Ils ont tort et le Président de la République serait au contraire bien avisé de suivre les conseils. Il est vrai que la Banque de France reste un lieu où on trouve des gens très compétents et qui ont le temps de faire des études sérieuses de la situation économique.
A partir de 1984, la France a écouté les conseils économiques du gouverneur de l’époque (Jean Claude Trichet) qui a su vendre aux gouvernements successifs sa politique de désinflation compétitive. Il est vrai que Jacques Delors venait de cette banque et donc savait ce qu’on pouvait en attendre.
En 1984, après trois dévaluations successives, la situation du pays était calamiteuse. Les résultats de la politique menée pendant les 15 ans qui ont suivi ont été progressifs (dire qu’il y a des gens qui imaginent qu’on peut évaluer les résultats d’une politique économique au bout de 3 mois !) mais réel ; la France a recommencé à avoir une création nette d’emploi dès 1985. Mais les vrais résultats sont arrivés à partir de 1997, avec la chute des cours d’intérêt qui a grandement facilité la reprise vigoureuse constatée à partir de cette date et la création de plus de 2 millions d’emplois en 5 ans. Dans le même temps, la France a connu un solde positif de son commerce extérieur, ce qui est une exception dans son histoire depuis la Libération.
Ces résultats patiemment amassés ont été en partie gaspillés par la politique menée à partir de 1999 (et du départ de DSK), avec l’augmentation de la dépense publique (la prétendue cagnotte de J Chirac puis le passage aux 35 heures payées 39. Notre pays l’a payé ensuite très cher, tant du point de vue de la dette que de l’emploi et n’a plus le choix aujourd’hui que de devenir raisonnable. Alors, oui, écoutons le gouverneur de la banque de France !

D’abord le constat avec quelques éléments clés glanés dans l’article :
• La croissance de la France est plus faible que la moyenne de la zone euro (1.6% contre 2%)
• Par contre le taux de chômage est plus important en France
• Notre balance extérieure enregistre un déficit de 20 milliards d’euros quand tous les autres grands pays de la zone connaissent un excédent
• Os grands voisins ont su réussir leurs réformes en restant à l’intérieur du modèle social européen alors que nous n’avons toujours pas agi
• Nos dépenses publiques culminent à 56 % du PIB contre 46% dans le reste de la zone euro, pour un modèle social équivalent
• Notre droit du travail protège trop les emplois mais pas assez les réformes, contrairement à ce qu’on observe dans le modèle nordique ; Nous faisons trop confiance à des normes complexes et pas assez au dialogue social

Puis un certain nombre de pistes pour les réformes à engager en profitant de la « fenêtre » offerte par une conjoncture favorable :
• Rapprocher les discussions de l’entreprise
• Simplifier la justice prud’homale
• Unifier les organisations représentatives du personnel
• Priorité à l’éducation, y compris la formation professionnelle et l’apprentissage des jeunes
• Lutter contre les rentes
• Respecter la règle européenne du déficit maximal à 3% du PIB dès cette année
• Retrouver le contrôle de notre endettement pour éviter d’être pénalisés à moyen terme par la remontée des taux qui s’annonce

On ne peut évidemment que conseiller de lire l’ensemble de l’article !


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