Raz de marée ?

Si l’on en croit les sondages, Emmanuel Macron jouit après la nomination du gouvernement d’une cote de popularité étonnante : d’après l’IFOP, sa cote de popularité attendrait 62% des Français qui en seraient satisfait et plutôt satisfait contre 31 % de plutôt mécontents ou mécontents. Son premier ministre atteindrait 55 % (pour 24 % de mécontents et 21 % qui ne se prononcent pas).
Dans ces conditions, on peut s’attendre à un excellent score pour les candidats LREM. Un autre sondage, de Harris cette fois donne au mouvement du Président 32 % pour les législatives, soit 8 points de plus que ce que celui-ci avait obtenu le 27 avril ! Aucune force adverse ne dépasserait les 20%
A l’époque, il était en tête dans 40 % des circonscriptions environ. Avec la dispersion attendue des suffrages, un score supérieur à 30 % le mettrait sans doute en tête dans une majorité de circonscription (60% ou plus ?) et en tous les cas présent au second tour presque partout où il a des candidats. Deux autres sondages publiés depuis par Elabe et l’IFOP donnent un score voisin (31 et 33%)
Dans le passé, le parti du Président nouvellement élu avait pu obtenir des scores proches de 40 %, avec, qui plus est, des perspectives de report de la part d’autres candidats au sein de son camp. LREM n’a officiellement pas d’allié en dehors du Modem (mais qui se présente avec lui dès le premier tour), mais il en est pratiquement de même pour ses adversaires : les voix des opposants seront dispersées entre le FN, la droite et la France Insoumise, sans compter tous les nombreux autres candidats. Au second tour, il est probable que c’est le candidat En Marche qui bénéficiera le plus des voix des candidats éliminés.
On peut à ce stade envisager que LREM se retrouve non seulement avec la majorité absolue, mais même avec une large majorité, et qu’il y aurait en face de lui une opposition dispersée entre les groupes FN, FI, LR et PS, avec même des divisions possibles au sein du PS et de LR pour des groupes prêts à coopérer avec le gouvernement.
A contrario, le PS pourrait se retrouver avec très peu de sièges, parce qu’il serait dépassé au premier tour par les candidats situés à sa gauche et à sa droite.
Rappelons les règles : un candidat ayant obtenu moins de 12.5% des inscrits au premier tour est éliminé, sauf s’il arrive dans les deux premiers. Si trois candidats ont plus de 12.5% et qu’ils se maintiennent au second tour, il y a une triangulaire. Il peut même y avoir des quadrangulaires si quatre candidats ont plus de 12.5%
S’il y a 25% d’abstention et de vote blanc ou nuls, la barre se situera à 16.67%. Elle peut se situer encore plus haut s’il y a beaucoup d’abstention. Aujourd’hui, les sondages donnent le FN et LR en dessous de 20%chacun et FI autour de 15% : autant dire qu’il y aura beaucoup d’éliminés mais qu’effectivement, on peut avoir plus de deux qualifiés. Que fera le troisième si le candidat FN est dans les deux premiers, ce qui devrait advenir dans de nombreuses circonscriptions ?
Les sondages donnent le PS très loin, autour de 7% . Le seul espoir de ses candidats est qu’il y ait une prime à l’implication locale, aux candidats connus. Ce n’est pas impossible mais ce n’est pas du tout certain.
Les 45 circonscriptions dans lesquelles Marine Le Pen a été en tête au second tour de la présidentielle permettent au FN d’espérer un groupe très conséquent à l’Assemblée Nationale. Les sondages donnent au FN un score proche de celui de sa présidente au premier tour, même si c’est avec un léger retrait. Le FN peut aussi espérer des triangulaires pour gagner sans avoir 50 % ; Et il peut aussi espérer un score meilleur qu’au deuxième tour de la présidentielle s’il se retrouve seul face à un candidat mélenchoniste, ce qui pourrait être le cas dans certaines zones ouvrières, par exemple dans le Pas de Calais.
La droite peut elle aussi espérer se retrouver seule fac au FN pour gagner au second tour. Elle compte aussi sur les circonscriptions où elle est ultra dominante comme une partie des Yvelines ou des Hauts de Seine. Il est probable qu’elle n’imagine plus gagner mais simplement être clairement la principale force d’opposition, avec le plus gros groupe parlementaire. Ce ne sera le cas que si elle ne se divise pas à l’Assemblée Nationale, entre une opposition dure et des « constructeurs ».
La France Insoumise semble pour l’instant se situer 4 ou 5 points en deçà du score de son leader à la présidentielle. Il serait cependant sain qu’elle ait, elle aussi, un groupe parlementaire, qu’elle exprime son opposition dans l’hémicycle plutôt que dans la rue.
Mais il peut encore se passer beaucoup de choses en quinze jours !


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