Avec Jean Luc Mélenchon tout est possible

Le candidat de la France insoumise gagne des points dans les sondages et ses supporters se mettent à rêver d’une présence au second tour puis d’une élection triomphale, suivie d’un quinquennat également triomphal.
Car le candidat l’affirme : son programme permet à la fois de relancer l’économie, de réduire les inégalités, de réaliser la transition écologique. Il permet d’augmenter les minimas sociaux de baisser le chômage mais aussi les déficits publics, voire la dette de l’État !

Comment est-ce possible ?

Sur le papier, tout est possible !

Il suffit de choisir des hypothèses optimistes (voire très optimistes) et de négliger tous les effets pervers, même ceux les mieux documentés par les études économiques…

Et pour commencer, de partir de l’hypothèse que le principal, voire le seul, problème économique de notre pays, celui qui explique le chômage français, est un problème de demande, dans la pure tradition keynésienne.
Qu’importe le fait que le déficit public supérieur aux 3% convenus dans le traité de Maastricht donne le sentiment inverse
Qu’importe le fait que l’endettement passé de 20% du PIB en 1980 à 100% aujourd’hui donne le sentiment inverse
Qu’importe le fait que l’incapacité du pays à redémarrer vraiment, quand l’euro baisse, le prix du baril est divisé par deux et que les taux d’intérêts sont nuls, donne le sentiment inverse

En fait, pour les économistes qui le conseillent, la relance par la demande est toujours efficace, à rebours de ce que montrent les études sur le sujet, à rebours de ce que disait Keynes lui-même !

Pourtant, le très keynésien Jean Paul Fitoussi, ancien président de l’OFCE, a apporté son soutien à Emmanuel Macron, dans une tribune signée par 40 économistes et publiée dans le Monde du 13 avril

Ce n’est pas par plaisir de contredire ses frondeurs que F Hollande a chercher à mener une politique d’offre, dont l’objectif est de s’attaquer aux causes structurelles même si le faisait remarquer le socialiste Pascal Lamy c’est trop tard et pas assez fort. Cette politique a dans un premier temps permis aux entreprises de rétablir leurs marges aux niveaux moyens connus dans les 20 années d’avant la crise de 2008.
En 2016, une note du FMI estimait que 90% du chômage français est d’origine structurelle.

Une fois lancé sur ce diagnostic très discutable, JL Mélenchon propose une relance par la dépense publique.
Il fait l’hypothèse d’un multiplicateur keynésien très élevé.
Il propose parmi d’autres choses d’augmenter le SMIC de 16 % tout de suite en imaginant d’autres augmentations ultérieures. Et il ne prend aucunement en compte les risques d’une telle mesure pour l’emploi des moins qualifiés. On sait pourtant que
• la France a avec le Portugal le ratio entre le salaire minimal et le salaire médian le plus élevé d’Europe
• l’écrasement de la hiérarchie salariale pousse les employeurs à privilégier les mieux formés
• le chômage atteint des records chez les moins qualifiés : trois ans après leur sortie de formation initiale, le taux de chômage des jeunes sans diplôme est de 50% !
• une forte augmentation des salaires remettrait en cause le niveau de marge péniblement rétablit avec le CICE

Autre point négligé par JL Mélenchon : la contrainte extérieure, celle-là même qui a contraint Pierre Mauroy à dévaluer 3 fois puis à lancer un plan de rigueur.
Le montant annuel des importations françaises se situe à 500 milliards d’euros environ, soit un petit quart du PIB : c’est loin d’être négligeable ! Une relance de le demande profite donc aussi à nos voisins, et ce d’autant plus que la compétitivité de nos entreprises est chancelante…

JL Mélenchon imagine qu’il suffira de négocier avec les autres dirigeants de l’UE, en menaçant d’en sortir, pour obtenir de leur part la modification de l’ensemble des traités européens qu’il juge néfastes. Croit-il vraiment que cela peut être aussi simple ?

La réalité est que la potion que le candidat veut faire boire à la France serait ruineuse pour le pays et en premier lieu pour ceux qu’il prétend défendre, et que notre pays mettrait des décennies à s’en remettre. Comme le Venezuela va mettre des décennies à se remettre de ce que son idole Chavez y a fait.