Terrorisme islamique

Des attentats ont frappé successivement ces derniers jours le Royaume Uni, la Russie et la Suède. Ils ont tous les trois été commis par des individus isolés, la situation la plus difficile à prévoir et prévenir. Deux autres attentats sanglants ont frappé les coptes égyptiens.

Au-delà des réactions d’émotion et d’empathie pour les victimes et leurs proches, ce genre d’événements pose toujours la question de ce qu’il faut faire pour éviter ce type d’attentats, avec toujours le risque du recours à des solutions simplistes et d’entendre des spécialistes autoproclamés déclarer péremptoirement que si on avait fait autrement, cela ne se serait pas passer, ou d’entendre des responsables politiques essayer de faire croire qu’ils seraient capables d’éviter cela.

Essayons alors froidement de regarder ce qui se passe aujourd’hui, à l’aide de la liste que fait Wikipédia des attentats islamiques, en regardant la seule année 2017 :
• Les derniers pays européens touchés ont des systèmes de fonctionnement assez différents, entre le Royaume Uni, la Russie ou la Suède. Poutine n’a pas échappé aux attentats, malgré son autoritarisme, ce qui devrait interpeller les électeurs du FN qui penseraient qu’il suffit de jouer les matamores pour régler le problème
• La France est citée deux fois, pour deux tentatives d’attaques contre nos soldats. De ce qu’on peut lire ici ou là, les forces de sécurité ont nettement amélioré leur efficacité (ce qui ne signifie pas qu’on va pouvoir empêcher tous les attentats). Et elles l’ont manifestement d’abord fait grâce à la compétence des uns et des autres, à de l’organisation et de la coordination, pas en ayant pris des mesures législatives autocratiques. De la matière grise plus que de l’idéologie.
• Les premières victimes et de très loin du terrorisme islamiste, ce sont les musulmans eux-mêmes, en particulier dans les pays les plus déstabilisés (IRAK, Égypte Turquie), ainsi que les chrétiens de deux pays (Nigeria et Égypte). Sur 28 attentats, seuls 5 dans les pays non musulmans, et ce ne sont pas les plus sanglants. Et cette caractéristique était déjà vraie en 2016 et les années précédentes
Et si on est capable de raisonner froidement sur le sujet, le nombre de victimes du terrorisme est en France nettement inférieur au nombre d’homicides (y compris en 2015) et celui-ci est beaucoup plus bas qu’il y a 30 ans, quand on a décidé de supprimer la peine de mort.

Conclusion ?
Bien sûr il faut lutter contre le terrorisme
Mais il ne faut se tromper ni sur l’importance du problème, ni sur les solutions.