Impressions de campagne

Il reste encore une semaine pour les parrainages de la présidentielle, mais après 4 publications de listes par le conseil constitutionnel sur 6, on sait à peu près à quoi s’en tenir.
Nathalie Arthaud, François Asselineau, Nicolas Dupont Aignan, François Fillon, Benoit Hamon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont dépassé les 500 parrainages et on fera l’hypothèse qu’ils respectent les règles de répartition sur le territoire. Jean Luc Mélenchon affirme qu’il va aussi les dépasser et ce pourrait aussi être le cas pour Jacques Cheminade.
Jean Lasalle et Philippe Poutou sont à moins de 300 signatures : cela va être dur pour eux.
Et les autres sont encore plus loin.
On devrait donc compter entre 8 et 11 candidats, probablement plutôt 9
Si l’on en croit les sondages publiés depuis qu’il est clair pour tous que Fillon sera bien le candidat LR, les suffrages se répartiraient en 4 forces presque égales si le scrutin avait lieu aujourd’hui :
• 26% se répartissant entre quatre candidats de gauche : Arthaud, Poutou ou Cheminade, Mélenchon, et Hamon
• De 25 à 26% pour Emmanuel Macron
• 22 à 23 % pour l’ensemble Fillon + Dupont Aignan
• 26 % pour Marine Le Pen
Le premier constat est que la division condamne la gauche à l’impuissance. On peut se demander si, au-delà des problèmes judiciaires de Fillon, il n’en est pas de même à droite. On verra si l’officialisation de la candidature de François Asselineau le fait grimper dans les sondages et qui en pâtit (à priori Le Pen, Dupont Aignan et Fillon, mais qui sait ?)

Cette officialisation des candidats va-t-elle nous faire sortir de l’incroyable feuilleton que nous avons connu depuis 6 mois avec les éliminations successives de Sarkozy, Juppé, Hollande et Valls (sans compter les écolos) et avec les problèmes de F Fillon ?

Les réactions que j’ai pu observer à l’occasion de tractages réalisés vendredi et samedi me font penser que les électeurs qui observaient jusqu’à maintenant ce feuilleton avec des sentiments divers, en sont maintenant à sérieusement s’interroger sur le bulletin qu’ils vont verser dans l’urne le 23 avril, s’ils votent ce jour-là.

En Marche a publié le programme d’Emmanuel Macron pour cette présidentielle (du moins l’essentiel), dans un document de 32 pages. Pour des raisons de coût je suppose (mais aussi de poids à transporter) la consigne n’était pas de le distribuer au maximum mais d’essayer de ne le donner qu’à ceux qui en manifestaient clairement l’envie (et donc qui feraient l’effort de le lire, ou au moins de le feuilleter).
J’étais installé à une sortie de métro et j’annonçais donc aux passants « le programme d’Emmanuel Macron ». La plupart passaient indifférents. Mais d’autres, un sur trois ou quatre, venaient le chercher, souvent après être passés devant moi, le temps d’enregistrer ce que j’avais dit et de revenir sur leurs pas. Quelques-uns m’en ont demandé deux, qui pour un frère, qui pour un fils ou un ami.
Évidemment, il s’agit d’un des candidats principaux et Paris lui est manifestement très favorable, en particulier là où je distribuais.
Ceux qui m’ont pris le document ne sont pas forcément des électeurs de Macron. Il y a aussi tous ceux qui lisent l’ensemble des documents des uns et des autres avant de se prononcer, où les supporters d’un autre camp qui se renseignent.
Mais je crois bien que l’échéance se rapprochant, les électeurs comprennent que les choses deviennent sérieuses et qu’ils vont devoir se positionner.

Les sondages qui donnent aujourd’hui Emmanuel Macron élu à l’issue du 2ème tour nous annoncent en fait un tremblement de terre politique dont les principales victimes semblent être les partis les plus proches du mouvement en train de naître, à savoir le Parti Socialiste et les différents partis centristes.
Les élus de ces deux bords sont confrontés à un dilemme cornélien : soutenir un candidat dont ils ne partagent pas les choix et/ ou les pratiques, mais rester au sein de leur famille politique, celle qui leur permet d’être élus, ou abandonner leur camp pour rejoindre celui dont ils sont de fait le plus proche, mais en abandonnant toute sécurité professionnelle (après tout, c’est leur mandat qui les fait vivre !).
La solution adoptée par beaucoup semble être de faire le gros dos et de ne soutenir personne. On s’aperçoit que les plus âgés (de Hue à Kouchner en passant par Cohn-Bendit et Delanoë) ont basculé, que ceux qui ont dépassé la soixantaine ont choisi de ne plus se représenter (on parle de 25% des députés qui ne se représenteraient pas contre 12% environ en 2012)
J’y reviendrai probablement


2 thoughts on “Impressions de campagne

  • Jean-Michel

    À l’entrée de la gare de Rennes, en milieu de semaine dernière, le 32 pages semblait assez demandé. C’est ainsi que j’en ai pris connaissance. C’est un indice, mais l’échantillon n’est pas représentatif de l’électorat dans son ensemble, évidemment.

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  • Bigben

    Bonjour,

    Merci pour votre témoignage (j’étais un des commentateurs questionneurs).
    Je me posais la question de la réalité de la différence entre M. Macron et Hollande (car proximité originelle, soutien financier de Pierre Bergé, même ligne économico-politique).
    J’ai découvert récemment que beaucoup de gens sont dans le doute (votre article précédent me « parlait » beaucoup).
    Vu de l’intérieur d’En Marche : qu’en pensez-vous ?
    Macron est-il autre chose qu’un ballon d’essai lancé par Hollande (je ne nie pas qu’il ait pris de la stature, hein).

    Merci pour vos impressions et votre témoignage, en tout cas …
    Bigben

    Reply

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