Les trois droites

En 1954 parait « la Droite en France, de 1815 à nos jours » un ouvrage de René Rémond qui va renouveler en profondeur la réflexion sur l’histoire politique et distinguer trois droites en France, un concept qui sera largement repris
L’auteur distingue trois familles héritées des conflits du XIXe siècle, la droite « orléaniste » ou libérale, la droite « bonapartiste » ou autoritaire, et la droite « légitimiste » ou réactionnaire.
Les trois candidats arrivés en tête évoquent par leurs programmes et leurs soutiens ces trois droites, dont ils semblent être les héritiers è défaut d’en être la reproduction à l’identique
Nicolas Sarkozy se range évidemment dans le sillon bonapartiste, avec son culte du chef et de la nation, son coté populaire, une adhésion républicaine de principe qui n’hésite pas à prendre des libertés avec les lois
François Filon, aujourd’hui représenté comme le plus conservateur et lié à la droite conservatrice et évidemment l’héritier de la famille légitimiste, même si celle si ne se veut plus royaliste
Dans ce contexte, Alain Juppé est évidemment l’héritier de la droite orléaniste

Il faut noter que l’auteur lui-même notait en 2005 la disparition progressive de la droite légitimiste. Il semblerait à lire la presse qu’elle renaisse de ses cendres ces jours ci, ce qui sous-entend qu’elle a probablement fait sa transformation en acceptant le modèle républicain

Le plus curieux est de voir que sur cette grille de lecture François Fillon comme Alain Juppé ont évolus au cours de leur carrière politique : on inscrira difficilement leurs mentors respectifs, Philippe Seguin et Jacques Chirac, respectivement comme légitimiste ou orléaniste !