Il a arrêté Sarkozy

La primaire de la droite a pris un nouveau tournant ces dernières semaines et jours : le camp sarkozyste a choisi d’attaquer son principal adversaire, Alain Juppé, sous l’angle de son alliance avec François Bayrou, qui l’empêcherait de faire les réformes promises. Au point qu’on a pu lire sur un forum cette remarque « avec Juppé, Bayrou sera au gouvernement ». De quoi avoir peur en effet. A ce train-là, ne risque t(on pas d’avoir de francs socialistes comme Bernard Kouchner ou Jean Marie Boeckel nommés au gouvernement ?
Que Nicolas Sarkozy attaque François Bayrou parce qu’il a trouvé ce moyen pour combattre Alain Juppé (et que probablement, il n’en a pas trouvé beaucoup d’autres), c’est certain, mais l’ex président a d’autres raisons pour ne pas porter le président du Modem dans son cœur.

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Depuis longtemps déjà, François Bayrou a pris une position très claire pour la présidentielle : si Alain Juppé est candidat, il le soutiendra. Dans cas contraire, donc si les Républicains sont représentés par un autre candidat, lui François Bayrou se présentera de son côté.
Les sondeurs ont pris l’ancien candidat au mot : dans les sondages, quand ils testaient la candidature d’Alain Juppé, c’était soit sans candidat centriste soit avec quasi inconnu comme Hervé Morin Ou JC Lagarde. D’où des scores d’environ 30 % pour l’ancien premier ministre, qui se trouvait généralement de surcroit devant Marine Le Pen
A contrario, quand ils testaient un autre candidat coté Les Républicains, la présence de François Bayrou rassemblait environ 10 % des voix, qui manquaient presque mécaniquement à ce candidat LR qui était alors crédité d’environ 20% donc avec le risque d’être dépassé par un candidat à gauche et Marine Le Pen.
Des dizaines de sondages de ce type plus tard, l’image d’un Juppé favori des sondages et d’un Nicolas Sarkozy à la traine dans ces mêmes sondages s’est imposée dans l’esprit des Français.

Alors, peut-on dire que c’est François Bayrou qui a arrêté Nicolas Sarkozy, ce qui explique que celui-ci lui en veuille ? Peut être
Mais on pourrait aussi bien remarqué qu’Alain Juppé a su tenir des positions qui lui ont attiré les sympathies des électeurs centristes, sans pour autant en perdre au profit du Front National.

DAVOS/SWITZERLAND, 27JAN11 - Nicolas Sarkozy, President of France, gestures during the session 'Vision for the G20' at the Annual Meeting 2011 of the World Economic Forum in Davos, Switzerland, January 27, 2011. Copyright by World Economic Forum swiss-image.ch/Photo by Moritz Hager

DAVOS/SWITZERLAND, 27JAN11 – Nicolas Sarkozy, President of France, gestures during the session ‘Vision for the G20’ at the Annual Meeting 2011 of the World Economic Forum in Davos, Switzerland, January 27, 2011.
Copyright by World Economic Forum
swiss-image.ch/Photo by Moritz Hager

On peut aussi dire que c’est Nicolas Sarkozy qui s’est arrêté lui-même, par ses discours très clivant : est-ce Juppé qui a attiré les centristes ou Sarkozy qui leur a donné des raisons de vouloir l’éliminer ?