Villages accueillants

La dispersion des migrants de Calais sur l’ensemble du territoire français suscite des réactions localement, aussi bien de personnes inquiètes de cette arrivée que d’autres qui veulent les accueillir. Évidemment, le Front National essaie de jouer sur les peurs et de susciter des manifestations d’opposition.

Ces réactions sont venues alimenter l’actualité médiatique nationale. C’est ainsi que le cas de la commune d’Allex est apparu il y a une semaine. Un article du Monde décrivait les réactions diverses d’habitants du village (c’est ainsi que la commune était qualifiée plusieurs fois dans l’article. Pourtant, le titre de l’article précisait qu’Allex compte 2500 habitants, à comparer aux 50 migrants accueillis (soit 2% de la population).

Une semaine plus tard, c’est à Pierrefeu qu’une manifestation est organisée pour la même raison. 60 migrants doivent cette fois être accueillis dans ce que l’Express nomme une « bourgade rurale ».
Le maire (sans étiquette) évoque le risque de tensions graves » induit par l’arrivée de ces 60 hommes dans « un village rural inadapté à recevoir une telle population ».

Le village en question est situé à moins de 10 km de la ville d’Hyères, ville de plus de 50 000 habitants située elle-même à 16 km de Toulon, ville de plus de 150 000 habitants. Et il compte environ 6 000 habitants.

Wikipédia nous explique qu’il n’y a pas de définitions précises des concepts de hameau, village bourg et ville. Il semble cependant que les démographes (mais qui le sait ?) en aient fixé une : est village une commune de moins de 2000 habitants, ce qui n’est pas le cas d’Allex et encore moins de Pierrefeu.

Faute de définition connue de tous, on est dans l’imaginaire et la représentation. La mienne est que dans un village, que je vois peuplé de quelques centaines d’habitants, tout le monde se connait pour fréquenter la même école, la même boulangerie (s’il en reste une), la même église (au moins pour les mariages et les enterrements) et le même café sur la place. En réalité, une commune qui aurait de quoi remplir une école primaire avec une classe par niveau, compterait autour de 1500 habitants : le village que j’imagine a plutôt une école avec classe unique…s’il en a une !

Tout cela est plutôt décourageant pour celui qui n’imagine pas un pays complètement replié sur lui-même et dans le refus de l’autre, pour peu qu’il soit un peu différent.