35 ou 39 heures ?

Lors du premier débat télévisé de la primaire à droite, Jean-Frédéric Poisson dit qu’il faut « se méfier de la complexité » d’une opération de passage de 35 à 39 heures. Manifestement ses concurrents avaient la même conviction car ils se sont gardés de trop s’avancer sur ce terrain. Il est vrai que proposer d’augmenter la durée du travail n’est probablement pas très populaire (sauf pour les employeurs), surtout si c’est sans augmenter le salaire total !

Les polémiques sur les comparaisons internationales illustrent une partie de cette complexité : selon l’indicateur utilisé, le résultat peut être très variable : selon le cas, on va ainsi
• Ne prendre que les salariés à temps complet ou intégrer aussi ceux qui sont à temps partiel
• Se limiter aux salariés ayant contractuellement une durée horaire ou intégrer des salariés en forfait jour, voire des indépendants dont la durée du travail est uniquement déclarative, avec tous les biais que cela induit
• Mesurer la durée du travail hebdomadaire ou annuelle. Selon qu’elles ont réalisé le passage à 35 heures par réduction hebdomadaire ou en octroyant des jours de RTT individuelles, deux entreprises ayant la même durée annuelle vont avoir des durées hebdomadaire nettement différentes.
• Intégrer ou non dans la durée officielle du travail les pauses, les temps d’habillage et déshabillage, les temps de déplacement.

Comme il est difficile d’entrer dans ces détails byzantins lors d’un débat public, on imagine que les candidats pourront encore longtemps choisir de présenter l’indicateur qui convient le mieux à ce qu’ils veulent mettre en valeur !

Mais cette question n’est que l’une de toutes celles qu’entrainerait un changement collectif important de la durée du travail : le souvenir du passage à 35 heures rend les DRH très méfiants vis à vis d’un nouveau changement !