Réfléchir ensemble sur l’insécurité et ses causes

Ce vendredi 29 mai au soir, cinq personnes se sont réunies chez l’une d’elles pour réfléchir ensemble aux problèmes de la sécurité en France, la question très spécifique du terrorisme étant exclue du périmètre de leur réflexion.
Le sujet nous touche au quotidien : une des participantes voulait ne pas repartir trop tard en raison du sentiment d’insécurité qu’elle éprouve le soir autour de chez elle et a été rassurée de pouvoir être raccompagnée par un autre participant.

La réunion s’est déroulée en quatre temps, de manière à se donner les moyens de cerner efficacement le sujet:
• Un premier temps pour regarder rapidement ce que nous disent les statistiques générales sur le sujet
• Un deuxième temps pour examiner comment la France a réalisé de grands progrès sur un sujet assez proche, celui des victimes de la route (nombre de blessés et de morts divisé par cinq en 40 ans)
• Un troisième temps pour produire des idées autour de la question « comment agir pour améliorer la sécurité »
• Et enfin un quatrième temps pour une première évaluation des idées émises

On trouvera ici un compte rendu détaillé de cette réunion et notamment des idées émises, et on pourra juger de l’efficacité de la méthode suivie pour faire réfléchir ensemble des personnes n’ayant sur le sujet pas plus de connaissances que le citoyen moyen, mais qui étaient prêtes à s’écouter mutuellement et à suivre un déroulement cadré.

Quelques points clés sur le fond :
• Les statistiques publiées par le ministère de l’intérieur ne peuvent nous donner une vision exacte de la réalité. Le fait que les homicides volontaires aient baissé de 60% depuis l’abolition de la peine de mort prouve qu’il n’y a pas d’explosion de l’insécurité comme certains l’affirment. La préoccupation des français sur le sujet est pourtant tout à fait légitime
• L’exemple des accidents de la route montre que les progrès ont pris du temps (beaucoup même) : ce n’est pas avec la méthode « un fait divers = une loi » qu’on obtiendra des résultats durables
• Cet exemple montre aussi l’importance d’agir sur toutes les causes, pas seulement sur quelques-unes
• On peut résumer le problème à deux questions simples :
o Comment faire pour qu’une personne tentée de commettre un crime ou un délit ne passe pas à l’acte ?
o Comment diminuer les taux de récidive ?
S’il est apparu qu’il n’ay a pas de réponses simples à ces deux questions, le groupe a pu aussi constater sa méconnaissance du sujet y compris sur des questions majeures (par exemple quels sont les taux de récidive, dont on imagine qu’ils ne sont pas les mêmes selon le type de crime ou de délit).

Pour conclure, on notera par un exemple évoqué en réunion l’importance de prendre du recul sur un sujet qui mobilise fortement les émotions : le sursis accordé dans certaines affaires est vécu comme scandaleux et pourtant l’introduction du sursis par la loi du 26 mars 1891 dite loi Bérenger aurait été historiquement la mesure la plus efficace contre la récidive et c’est bien pour cela qu’elle figure encore dans le code pénal !